Par Jean-Louis Blanchard
Il
y a quelques années, lors de la création du RIFAP
(Réactions et interventions face à un accident
de plongée), la FFESSM a clairement posé qu’elle
devait rester maîtresse de ses formations, car il n’était
pas question de gripper le système et de se trouver
inféodé aux diplômes de la Sécurité Civile.
L’objectif a donc été de structurer le
RIFAP pour qu’il se suffise à lui-même,
indépendamment de tout diplôme de la Protection
Civile ou de toute formation via la Protection Civile.
Cela
n’est pas contradictoire avec l’obtention éventuelle
des diplômes de la Sécurité Civile, et
la FFESSM s’est lancée sur la voie de mesures
incitatives à l’obtention de l’AFPS et de
l’AFCPSAM.
D’ailleurs, La
FFESSM est habilitée à délivrer des diplômes
de la Sécurité Civile, et notamment l’AFPS
et l’AFCPSAM sous certaines conditions, via un agrément
mis en place avec la Préfecture de chaque département
(arrêté du 6 mars 1996). Le nombre de ces agréments
départementaux est actuellement important.
En
résumé : une recommandation forte est faite
pour acquérir les diplômes « sécurité civile »,
tout en conservant une autonomie fédérale.
Cette
autonomie fédérale fut actée dès
2002 car Le RIFAP, et surtout les modalités d’enseignement
des points « secourisme » de ce RIFAP,
ont été soumis aux services adéquats
du Ministère de l’Intérieur, et ces services
ont, par un courrier officiel, confirmé la faisabilité et la
non-contradiction du RIFAP par rapport aux textes en vigueur.
Extrait
de ce courrier signé par le Colonel AUTRET, Chef du
bureau de la formation et des associations de sécurité civiles,
en date du 10 septembre 2002 : « …vous
me proposez certains aménagements aux formations dispensées
par votre fédération au profit de ses adhérents.
L’inclusion dans le cursus de formation des plongeurs
d’une qualification relative à la conduite à tenir
face à un accident de plongée me convient parfaitement
car elle recentre le sujet sur l’activité de la
plongée et n’est pas susceptible d’être
confondue avec une des attestations de formation délivrées
par mon département ministériel ».
Il
reste à voir les points de comparaison entre RIFAP d’un
côté, et AFPS+AFCPSAM de l’autre. D’abord, en
raison de la spécificité du RIFAP il n’existe
pas d’équivalence directe avec les niveaux de
secouristes Sécurité Civile. Tout au plus, vu
que certaines des capacités constitutives du RIFAP empruntent
aux contenus de l’AFPS+AFCPSAM, les titulaires
de l’AFPS plus AFCPSAM (ou diplôme équivalent)
délivrés par la Sécurité Civile,
et licenciés à la FFESSM, ont par équivalence
les capacités 4, 5, 6 et 7 constitutives de la compétence
RIFAP. Tout cela est détaillé dans le Manuel
du Moniteur au chapitre RIFAP.
Cette
analyse montre bien le sens de passage d’un système à l’autre : aller
de l’AFPS+AFCPSAM vers le RIFAP est un bon choix.
En revanche, passer le RIFAP puis aller vers l’AFPS+AFCPSAM
me paraît peu judicieux sur le plan de l’efficacité en
plongée. Certes, c’est une démarche citoyenne
et civique de passer ces diplômes, et cela apporte beaucoup
sur ce plan là, mais en aucune façon cela confortera
l’efficacité à montrer face à un
accident de plongée. Je pense, quant à moi, qu’il
faut avant tout passer le RIFAP avec sérieux et sans
complaisance aucune, et puis consacrer du temps au recyclage..
N’est-il pas dit dans le chapitre RIFAP que : « Il
est vivement recommandé à tous les titulaires
de la compétence RIFAP de maintenir opérationnel
leur savoir-faire aussi bien sur l’utilisation et l’entretien
du matériel que sur la pratique des gestes essentiels
afin de pouvoir assurer efficacement la sécurité de
tous » ?
Le
RIFAP est un excellent produit dédié à la
plongée, alors que l’AFPS et l’AFCPSAM ne
sont pas faits directement pour la plongée.
Pour
terminer je reste dubitatif quant à l’acquisition « forcée » par
les moniteurs de plongée du diplôme de moniteur
national de premier secours : il est évident que « qui
peut le plus peut le moins », mais cette démarche
ne doit rester qu’optionnelle. Nous étudions actuellement
avec la Protection Civile quelle pourrait être une filière
adaptée aux moniteurs de plongée pour que ceux-ci,
sur la base du volontariat et sans aucune obligation, puissent
accéder au monitorat national de premiers secours, et
ceci fera l’objet d’un dossier dans quelques temps.
En
attendant il ne faut pas disperser les compétences,
et je préfère la rigueur et le savoir-faire d’un
moniteur de plongée bien centré sur sa spécialité et
sur son intervention efficace face à un accident de
plongée.
Juin
2005 |